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26-01-2010

ENTRETIEN AVEC LE RESPONSABLE DE LA SECTION EST de SOS/JD


Bonjour BAZIE, racontez-nous les débuts de SOS/JD à Kantchari. J’étais au PAMAC pour une rencontre sur la planification du plan d’actions. Nous avons échangé avec un des responsables du PAMAC, Dao, sur la situation des Travailleuses du Sexe et de leurs difficultés dans la ville de Kantchari et de l’urgence de faire quelque chose pour les filles. Dans le même temps, j’avais eut un échange téléphonique avec Célestin Compaoré, Coordonateur National de l’Association SOS/JD et Régina SAGNAN, animatrice qui travaillait pour l’AFAFSI. C’est donc à trois que nous avons eut des concertations avec le Médecin Chef du District sanitaire de DIAPAGA, le major du CSPS de Kantchari et la marie. Le feu vert des autorités obtenue, nous avons démarré les activités de la section SOS/JD Kantchari en 2007 à travers des actions de préventions, causeries éducatives, Visite à Domicile, projections-débats sous la supervision de l’IPC. Il faut surtout saluer l’engagement total de Célestin Compaoré qui a tout fait pour que ces activités démarrent. De même Régina, de part son expérience antérieure a été d’un appui capital pour le succès de nos premières activités ici. Au bout de trois années d’activités sur le terrain à Kantchari, quels sont les acquis de SOS/JD ? Les acquis sont nombreux. Depuis le début de nos activités nous observons un changement de comportement positif dans le milieu TS ici. Je peux vous citer plusieurs exemples de TS devenues femmes mariées aujourd’hui. L’importance de nos actions a permis à des filles de se concerter pour ouvrir par exemple des salons de coiffure, des ateliers de coutures…. Au niveau du port de condom, nous savons que nos activités ont encouragés un comportement plus responsable. Au début il y’avait comme un tabou sur la communication au tour de la santé de la reproduction mais grâce à l’action conjuguée de nos animateurs et des pairs éducateurs, ce tabou est en train de se lever. Savez-vous qu’il arrive actuellement que les revendeurs de préservatifs d’ici soient en rupture de stock ? Avant ils avaient du mal à épuiser leurs stocks parce que la population avait des comportements à risques. D’autres acquis de SOS/JD dans la ville de Kantchari c’est l’engouement des populations pour les campagnes de dépistage ; nous avons réussit également à instaurer une habitude chez les filles pour les visites IST avec le concours du CSPS. Enfin par l’action de SOS/JD, la ville de Kantchari a vu le nombre de ses animateurs, pairs éducateurs accroitre au profit de la santé de toute la population. C’est donc un remarquable travail qui est reconnu et salué par les autorités de la ville et même au niveau provincial. Parlez-nous de vos difficultés ? Une de nos principales difficultés c’est la mobilisation des ressources. Sur le terrain ici, nous affectionnons le travail si fait que même quand il n’ya pas de campagnes de sensibilisations, certains animateurs continuent leurs missions. Cela s’explique en raison des nombreuses sollicitations des populations. Quand elles me voient passer ou aperçoivent Régina par exemple, elles nous demandent la date de la prochaine causerie éducatives ou le calendrier des animations. Vous vous rendez compte que par manque de moyens, nous avons du mal à satisfaire toutes ses sollicitations de nos bénéficiaires. Le manque de ressources nous limite. Regardez par exemple notre siège, il est bien vrai que nous disposons d’outils de sensibilisation et d’animation, mais leur quantité reste insuffisante. A part ces difficultés dû à l’insuffisance des ressources, nous avons parfois des incompréhensions avec les « filles » dans le cadre de nos activités avec les Travailleuses du Sexe. Ces accrochages sont liées à l’heure de nos visites qui coïncident des fois avec le pic de leur activité… Des fois nous sommes obligés de suivre de très près certains de nos animateurs avec en cause leur assiduité et leur ponctualité. C’est un travail de suivi-supervision essentiel mais certains ne comprennent pas toujours cette rigueur et cela engendre de petites difficultés que nous surmontons grâce à nos régulières réunions. Que faîtes-vous pour pallier à ces difficultés ? Ce qu’il faut, en plus de trouver les ressources suffisantes, c’est plus de sacrifices au niveau des membres de notre section SOS/JD. Nous sommes dans le monde communautaire et sommes liés à des objectifs et des résultats clés. Pour atteindre nos objectifs nous devons persévérer dans l’abnégation et l’engagement total. En cela, les suivit réguliers de Celestin COMPAORE nous facilite la tache et nous comptons persévérer dans cette dynamique. Notre ambition est d’améliorer l’état de santé ici. En dépit de notre dénuement nous parvenons à des résultats. Afin de consolider ses résultats nous pensons sensibiliser les filles ici contre un esprit « clanique » qui ne favorise pas nos activités. Dans ce sens, nous voudrons assainir le climat entre les filles, favoriser leur compréhension mutuelle. Nous pensons aussi que des Activités Génératrice de Revenus sont essentielles pour soutenir nos résultats en milieu TS. Dans le cadre du Programme Palu du RAME dans la région de l’EST, SOS/JD se positionne comme structure d’exécution pour le district de Diapaga. Quelle est votre appréhension sur ce projet ? Le projet sera le bienvenu. La plupart des populations de la zone ne connaissent pas vraiment le paludisme, son processus de transmission, les comportements à adopter pour l’éviter, la prise en charge des malades... le district sanitaire de Diapaga a le taux le plus élevé en termes de mortalité dû au paludisme. Les seuls agents de santé ne peuvent pas faire le travail qu’il faut en matière de lutte contre le paludisme. En se rendant sur le terrain, nous nous rendons compte des difficultés des agents de santé. Ils sont en nombre limités et cela pêche en termes d’efficacité de leurs actions. On peut donc dire que le projet en question viendra soutenir les nobles actions que mènent les différents CSPS. A travers ce projet, nous voudrons nous donner les moyens d’aller dans tous ces coins, même les plus reculés et les plus difficiles d’accès, pour donner le message à la population afin de favoriser des comportements propices à la lutte contre le paludisme. Nous sommes confiants pour la mise en œuvre de ce projet. Nous disposons aujourd’hui des hommes de terrain qu’il nous faut avec des animateurs expérimentés, la supervision de ce projet serait assuré par Etienne Koula, qui je vous rappelle est le responsable du paludisme au niveau du siège


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